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Il y a un siècle à peine, la mer Méditerranée était peuplée d’importantes populations de phoques moines, réparties sur l’ensemble du bassin, de l’Espagne à Israel, du nord de l’Italie à la Libye.

Sur la péninsule du Cap Blanc (Mauritanie), une importante colonie de phoques moines de Méditerranée pouvait être photographiée. Une petite colonie y est toujours installée aujourd'hui © Eugenio Morales Agacino's Photographic ArchiveDe nature sociable, le phoque moine de Méditerranée, ou Monachus monachus, avait pour habitude de se regrouper en larges colonies, occupant les plages de sable et autres promontoires rocheux. Ces animaux opportunistes et principalement carnivores se sont trop souvent attaqués aux filets des pêcheurs, synonymes de nourriture facile. Devenus nuisibles, les colonies de phoques ont été prises pour cibles et décimées.

Aujourd’hui craintif et solitaire, le phoque moine de Méditerranée est l’un des mammifères marins les plus menacés dans le monde selon la liste rouge des espèces de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Pourtant, l’essentiel des recherches et études scientifiques sur cette espèce se sont concentrées ces 20 dernières années dans plusieurs îles et îlots grecs (au nord de la mer Egée et dans le golfe saronique pour l’essentiel).

Iconographie zoologique d'un Leptonyx monachus, datée entre 1700-1880 © Université d'AmsterdamPour rappel, la Grèce est l’un des derniers pays où la présence régulière de plusieurs groupes de phoques moines est avérée et les animaux étudiés.

Avec l’UICN comme coordinateur de ce projet méditerranéen, l’objectif est de réunir scientifiques et acteurs de terrain (clubs de plongée et skippers par exemple) des zones occupées par des phoques moines, et tester des méthodes et outils de dernière génération permettant de généraliser l’observation et l’étude du phoque moine dans la totalité du bassin méditerranéen pour mieux connaître la situation réelle de l’espèce.

Soutien à l’UICN et aux acteurs de terrain

Quel est l’état réel des populations de phoques moines de Méditerranée ?
Aujourd’hui, malgré de nombreuses études réalisées ces 20 dernières années, personne n’est en mesure de répondre précisément à cette question.

Le squelette d'un phoque moine est exposé à Alonissos, en Grèce © Creative CommonsEn Grèce, la présence de ces animaux devenus solitaires est avérée. Mais des observations encourageantes ont eu lieu ces dernières années entre autres en Italie, en Croatie, en Slovénie et en Turquie . Il se pourrait que la présence de l’espèce soit plus étendue que précédemment établie. Pour confirmer cette hypothèse, l’équipe de la Fondation Octopus va utiliser la région des îles Ioniennes pour tester un éventail d’outils et de méthodes de suivi. Des caméras sur-mesure autonomes sont par exemple financées et développées par l’équipe technique de la Fondation Octopus pour être installées dans des grottes localisées par les biologistes grecs dans les îles Ioniennes.

Une fois les outils validés, ils pourront alors être déployés en plus grand nombre sur l’ensemble du bassin méditerranéen sous la supervision de l’UICN.

Réalisation de Médias

En plus du soutien financier et technique, la Fondation Octopus souhaite réaliser des médias pour le grand public afin de faire découvrir ces animaux énigmatiques. Ces médias permettront de mieux faire connaître la biologie, les comportements et les menaces qui pèsent sur les phoques moines de Méditerranée, ainsi que les pistes existantes pour les protéger.

Suivez l’expédition « Phoque moine de Méditerranée – 2018 » grâce au journal OpenExplorer, uniquement disponible en anglais.

Caméras autonomes (observations fixes)

Caméra autonome © EnlapsÉquipées d’un panneau solaire, d’une batterie longue durée et d’une antenne GSM (3G/4G), ces caméras sont paramétrées pour prendre des photos à intervalles réguliers avant de les envoyer sur un serveur qui alimente une page web.

Cet outil doit donc permettre aux biologistes d’observer à distance les mouvements de phoques dans les grottes où ils se reposent et où les femelles mettent bas à l’automne.
Si cet outil fonctionne correctement, il sera dès lors possible d’établir les horaires d’activités des phoques et de comparer les données sur de longues périodes puisque cette expérience pilote doit durer entre 6 mois et une année.

Drones aériens (observations dynamiques)

Avec l’amélioration des batteries au Lithium-Ion ces deux dernières années, les drones de type « quadricoptère » peuvent maintenant voler jusqu’à 30 minutes. Les pilotes de la Fondation vont tester leur capacité à localiser depuis les airs la présence d’un phoque moine, et de le suivre en se relayant dans les airs.
En volant à plusieurs dizaines de mètres au dessus de la surface de la mer, une première expérience en 2017 à permis de démontrer que les animaux ne sont pas dérangés par la présence du drone.

En 2017, l'un des pilotes de drones de la Fondation Octopus a pu tester la localisation d'un phoque moine depuis un quadricoptère. Le phoque n'a montré aucun signe de dérangement ou d'agacement. © Octopus Foundation

Membres de l'équipe

Julien PFYFFER
Fondateur et président

Ariel FUCHS
Directeur opérations

Philippe HENRY
Responsable image

Sébastien ROUSSEAU
Responsable navigation

Thomas Delorme
Vidéaste

Antoine BUGEON
Dessinateur et marin

Andy Guinand
Reporter - Pilote de drones

Christophe VIGNAUX
Plongeur et skipper