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Le courant, la température de l’eau et la visibilité limitée font du Bassin d’Arcachon un lieu délaissé par les plongeurs. Pourtant, à proximité immédiate des parcs à huîtres vit la plus importante concentration d’hippocampes de France, les adultes mesurant jusqu’à une quinzaine de centimètres de long.

Dans les eaux peu claires d'une lagune, un plongeur est à la recherche de Syngnathidés © Octopus FoundationLe cheval de mer reste une énigme pour beaucoup, car très peu d’études scientifiques le concernant ont été réalisées à ce jour. N’étant ni comestible ni une ressource économique en Europe, on ne connaît pas précisément l’état réel des populations.

Le manque de données est tel que l’UICN, organisme international en charge de dresser la liste rouge des espèces menacées ou en voie de disparition, a inscrit 29 des 50 espèces d’hippocampes recensés dans le monde dans la catégorie «Data Defficient», soit «Manque de données».

Pourtant, ce poisson a de quoi passionner plus d’un biologiste marin : Pas d’écailles mais une cuirasse constituée d’anneaux osseux, des yeux bien développés et mobiles, indépendants l’un de l’autre, une bouche aspirant ses proies comme une paille ou un aspirateur, et une faculté de changer de couleur pour se camoufler ou parader avec son partenaire sexuel.

Un Hippocampus guttulatus, communément nommé Hippocampe moucheté, photographié dans l'étang de Thau © LOUISY PatrickDu point de vue du caractère, les hippocampes sont monogames et sédentaires (certains peuvent vivre toute leur vie sur quelques mètres carrés). Plus curieux encore, ce sont les mâles qui portent la centaine d’oeufs que les femelles déposent dans une poche ventrale et ce, jusqu’à leur éclosion trois semaines plus tard…

Il y a une vingtaine d’années, ils avaient presque totalement disparu du Bassin d’Arcachon. Pendant très longtemps, les magasins de souvenirs les vendaient séchés et vernis comme porte-bonheurs. Mais, pour une raison encore inconnue, la population semble se reconstituer depuis dix ans.

Les syngnathes capturés au haveneau sont rapidement mesurés, puis remis dans l’eau. © LOUISY PatrickL’objectif du projet de la Fondation Octopus est d’améliorer les connaissances sur les hippocampes et plus généralement sur leur famille biologique que sont les Syngnathidés. Un travail minutieux a débuté il y a quelques années par des équipes de scientifiques, et les résultats sont étonnants. Par exemple, des analyses génétiques récentes ont démontrés que les espèces d’hippocampes qui vivent dans la lagune de Thau ne sont pas les mêmes que celles que l’on trouve en mer, pourtant à proximité. Ces hippocampes lagunaires sont plus proches génétiquement des espèces anglaises que de leurs cousins français.

Pour pouvoir présenter au public une géographie et une compréhension plus étendue de ces espèces en France, il est prévu d’élargir l’étude scientifique à d’autres bassins et lagunes françaises, tels que l’étang de Thau, l’étang de Leucate ou le golfe du Morbihan.

Soutien au programme SYNTESE – recherche scientifique via l’association Peau-Bleue

Dans quelle mesure les Syngnathidés sont-ils des indicateurs de l’état de santé de leur environnement ?

Pour répondre à cette question, la Fondation Octopus a décidé de soutenir l’action du biologiste marin français Patrick Louisy et son association Peau-Bleue.

Petite mise au point sur l’identification des espèces avant une plongée de recensement. © Octopus FoundationBasée à Agde, au bord de l’étang de Thau, cette association est l’une des seules à étudier les hippocampes et plus généralement la famille des Syngnathidés dans l’hexagone.

Après avoir accumulé des données permettant de mieux cerner ces animaux, leur importance et leur fragilité pendant 10 ans, l’association Peau-Bleue souhaite aujourd’hui mieux comprendre, à travers son programme de recherche, le rôle de ces drôles de poissons dans leur environnement. « Pour protéger, il faut connaître, » assure Patrick Louisy.

Le programme SYNTESE (SYNgnathidés TÉmoins de la Santé de leur Environnement), vise à déterminer si les Syngnathidés peuvent être considérés comme des indicateurs de l’état de santé de leur environnement, notamment dans les prairies sous-marines, ou herbiers, des lagunes de Méditerranée ou d’Atlantique. Pour cela, il faut à la fois caractériser le peuplement des poissons et l’état de l’herbier. Les Syngnathidés présents sont recensés à l’aide d’un haveneau (filet de pêche poussé à la main) ; les captures sont ramenées au bord, triées, identifiées, sexées et mesurées, puis évidemment, remises à l’eau. L’état de l’herbier est apprécié par sa structuration (espèces qui le composent, homogénéité, substrat…) et sa vitalité (hauteur, densité, algues concurrentes…).

Le soutien de la Fondation Octopus dans la concrétisation de ce programme est financier et technique. L’équipe sur le terrain va aider l’association Peau-Bleue à modifier des haveneaux traditionnels pour les transformer en outils d’étude scientifiques et en fixant par exemple des caméras sur les filets, afin d’étudier l’efficacité réelle de ces nouveaux outils.

Soutien au Marinarium de Concarneau

Le Marinarium de Concarneau est l’antenne bretonne et spécifiquement marine du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Cet établissement public français historique sera l’une des pièces maîtresses de ce projet scientifique.

Ce mâle de syngnathe nageur de 16 cm a accouché dans le seau, juste après sa capture. Il a donné naissance à 24 bébés longs de 26 à 28 mm (qui ont été immédiatement remis à l’eau sur le lieu de capture). © LOUISY PatrickEn effet, ce haut lieu de la recherche et de la vulgarisation pour le public, intégralement dédié aux connaissances marines, a pour objectif de se moderniser, en proposant de découvrir les différents habitats sous-marins dont les herbiers et leurs habitants, incluant les Syngnathidés.

La Fondation Octopus a décidé d’aider l’antenne de Concarneau en réalisant une série de documents de vulgarisation (photos, vidéos, dessins…) pour le Marinarium, en utilisant les expériences de terrain menées avec l’équipe de Patrick Louisy.

De plus, et grâce aux fonds que la Fondation a attribué au Marinarium de Concarneau, l’espace et l’aquarium dédié aux herbiers, hippocampes et Syngnathidés va pouvoir être rénové, et pourra évoluer avec la matière et les résultats issus du programme SYNTESE.

Le Marinarium envisage aussi, en partenariat avec Peau Bleue, de démarrer un élevage d’hippocampes afin de réduire les prélèvements dans le milieu naturel au strict minimum.

Réalisation de Médias

En plus du soutien financier et technique à l’association Peau-Bleue et au Marinarium de Concarneau, la Fondation Octopus souhaite financer la réalisation de médias grand public pour mieux faire connaître l’état de nos connaissances sur ces animaux emblématiques. Ces médias permettront de mieux faire connaître le comportement, la biologie et les menaces qui pèsent sur les hippocampes et autres Syngnathidés, et les solutions existantes pour les protéger.

Suivez l’expédition « Hippocampes d’Europe – 2017 » grâce au journal OpenExplorer, uniquement disponible en anglais.

Dans le cadre du projet de soutien de la Fondation Octopus à l’association Peau-Bleue et au Marinarium de Concarneau, nous avons développés de nouveaux outils.

En utilisant du matériel disponible pour le grand public, en l’occurrence des mini caméras (GoPro) et des drones (DJI), l’équipe de la Fondation Octopus participe au programme scientifique SYNTESE pour l’étude des hippocampes et plus généralement des Syngnathidés.

Caméras

Les transects de pêche au haveneau consistent à pousser le filet sur une longueur de 10 m (marquée par une corde) pour quantifier les Syngnathidés présents dans la zone. © Octopus FoundationLes caméras GoPro ont été installées sur les prototypes de haveneaux, des filets poussés qui sont utilisés pour capturer des petits animaux marins qui vivent dans les herbiers. Les images serviront à attester l’efficacité de ce mode d’échantillonnage et à réaliser une vidéo pédagogique pouvant être projetée au Marinarium.

Les filets sont poussés sur un transect de 10 mètres, et les animaux sont ramenés au bord, triés, identifiés, sexés et mesurés avant d’être remis à l’eau en bon état après manipulation.

Drones DJI

Les drones grand public sont d'excellents outils pour observer le monde marin autrement © Octopus FoundationLes drones DJI servent à visualiser, depuis les airs, les herbiers marins où vivent les hippocampes. Les images serviront à modéliser et cartographier les habitats de ces poissons hors du commun.

Orthophotoplans

Les photos aériennes réalisées grâce à nos drones permettent également de soutenir la recherche et l’exploration scientifique des mers et océans.

Le programme informatique du traitement d’images permet d’extraire un outil scientifique : l’orthophotoplan. Par une projection verticale de l’ensemble du relief sur un plan horizontal, cette carte d’une précision centimétrique respecte toutes les dimensions au sol.

L'orthophotoplan, réalisé grâce au drone, révèle avec exactitude l'herbier de l'étang de Leucate © Octopus Foundation

L'orthophotoplan, réalisé grâce au drone, révèle avec exactitude l'herbier de l'étang de Thau © Octopus Foundation

Membres de l'équipe

Julien PFYFFER
Fondateur et président

Ariel FUCHS
Directeur opérations

Antoine BUGEON
Dessinateur et marin

Sébastien ROUSSEAU
Responsable navigation

Andy Guinand
Reporter - Pilote de drones

Philippe HENRY
Responsable image